Un salon-bibliothèque

Pour ce nouvel article je vais déroger à la règle que je m’étais fixé dans ce blog : ne proposer que des techniques que vous pourriez reproduire et réaliser vous-mêmes.

En effet, les réalisations de menuiserie de cette pièce ne sont pas à la portée d’un amateur non équipé de machines sérieuses d’atelier et doté du savoir-faire nécessaire. Mais bon, je me dis qu’il y a des idées à prendre et qu’il est bon, aussi, d’engager à travailler avec des artisans qualifiés (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai appris).

Cet article ne montre que l’application des techniques que j’ai décrites ailleurs et que vous trouverez facilement en naviguant dans le blog. 

Création d’un salon bibliothèque

Techniques :

Cheminée : plâtre groschaux aérienne CL90 / sables locaux tamisés 0/8 et gros grains (une poignée par gâchée).
Menuiseries : chêne.
Couleur des murs : peinture Little shop of colors, collection Malouinières, couleur : F05/Médicis. Papier peint personnalisé (d’après fichier numérique chez easyflyer.fr).
Sol : tomettes anciennes de récupération.

La pièce d’origine :

La pièce d’origine

Les étapes des travaux :

Je passe sur la première partie des travaux : on casse, on déblaie, on remonte, on enduit, on passe les gaines électriques…. Bref…

Un ancien conduit de cheminée avait été muré, il a donc fallu dégager l’âtre et monter les jambages de la future cheminée (béton cellulaire).

Réalisation du linteau en béton armé (il devra supporter le poids de la partie haute (on laisse sécher 21 jours avant de poursuivre).

Je surélève avec des briques plâtrières pour avoir la hauteur nécessaire. La corniche est tirée (à part) avec le mortier de plâtre gros/chaux CL90/sables, puis assemblée en place.

Les sables locaux utilisés : au centre, le sable tamisé 0/8. A droite, le « gravier » qui n’a pas traversé les mailles du tamis et dont on a éliminé les plus grosses parties. J’intègre ce gravier au mortier à raison d’une poignée par gâchée de mélange.

Les sables locaux
Sable 0/8
Graviers

Pour la partie haute de la cheminée, j’ai réalisé une structure de lattis de bois qui a été fixée dans le mur. C’était une erreur : le mortier de plâtre gros, appliqué sur ce support, s’est fissuré au séchage et j’ai dû le reprendre à de nombreuses reprises avant que, finalement, il ne se stabilise. L’idéal est de réaliser le manteau de la cheminée en briques plâtrières.

Lattis de bois sur le futur manteau

Le manteau et la corniche haute sont réalisés au mortier de plâtre gros. Les premiers dessins de l’appareillage de pierre (factice) sont creusés avec une lame.

Réalisation du manteau et de la corniche haute.

Avant de travailler sur les jambages en béton cellulaire, il faut prévoir une couche d’accrochage. Ici, j’ai utilisé un mortier flex passé comme une barbotine.

La cheminée est terminée. Les sillons des appareillages de pierres (factices) ont été jointoyés avec un mélange de chaux aérienne teinté de pigment ombre naturelle (pour casser le blanc). La patine a été appliquée, il faudra attendre le séchage complet du mortier de plâtre gros pour avoir un résultat définitif. Le travail de menuiserie commence…

Sur le mur situé à droite de la cheminée, il a été décidé de créer un mur d’écriture. C’est un exercice intéressant de se demander quelle page, de quel livre, vous aurez envie d’avoir tous les jours sous les yeux… Chacun trouvera sa propre réponse.
Pour réaliser ce panneau, nous avons fait imprimer des lés de papier personnalisés à partir d’un fichier numérique que nous avions créé. Nul besoin de dépenser des sommes folles : l’impression en noir sur fond blanc ne demande pas de qualités particulières, hors celle du support lui-même. Les lés sont livrés pré-encollés, mais je conseille de les appliquer en rajoutant une colle à papiers peints.

Dernière étape: la réalisation du sol en tomettes de récupération.

Difficile ici de travailler dans les règles de l’art et de poser sur un mortier de sable maigre. Nous avons donc fait le choix de coller les tomettes sur l’ancien carrelage avec un mortier-colle souple (mortier flex).

Le motif : une pose « classique » en damier.

Réalisation des joints avec un mélange chaux (CL9O)/sable

L’étape du nettoyage est peut-être la plus fastidieuse : il faut frotter, nettoyer et rincer à l’eau claire, à plusieurs reprises, pour enlever les traces de chaux. Ce nettoyage doit commencer dès que les joints ont suffisemment tirés pour ne pas être lessivés. En fonction du temps, il faut compter entre une demie heure et une heure.

Nettoyage des tomettes à l’eau claire

Avant d’appliquer une finition, il faudra attendre un séchage complet qui peut prendre plusieurs semaines.

En ce qui concerne le choix des produits, certains recommandent de l’huile de lin diluée de plus en plus faiblement à la térébenthine (règle du « gras sur maigre ») au fur et à mesure des couches. Personnellement, je n’en utilise jamais car je ne suis pas persuadé du bien fondé de ce mélange peu siccatif sur des tomettes anciennes, poreuses, qui absorbent rapidement l’huile et la stockent. Quitte à fâcher les puristes, j’utilise une cire/patine à l’ancienne de Starwax dont je suis très content car elle bloque la porosité des tomettes anciennes en leur conservant un aspect patiné discret et naturel.

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